La nourriture du viking est, pour l’essentiel, constituée de laitages et de poisson. La viande est plutôt rare mais très appréciée. Elle est parfois rôtie mais elle est toujours préalablement cuite dans l’eau. Diverses variétés d’herbes relevées, sauvages ou cultivées (persils, cerfeuil,...), pouvaient accompagner à merveille la viande de mouton ou d’agneau par exemple.

L’élan et l’ours étaient les gibiers les plus courants, suivis par le sanglier sauvage, le chevreuil et le renne. Bécasses, coqs de bruyère et autres types de grouses étaient fréquemment chassés et appréciés lors d’occasions plus spéciales.

Salut à l’hôte !

Un invité est là.

Où l’étranger s’assiéra-t-il ?

Il a besoin de feu,

celui qui frappe à la porte

et dont les genoux sont gelés;

de la nourriture et des vêtements,

voilà ce qu’un homme doit avoir

quand il a traversé les montagnes.


Hàvamàl

Dans les fermes vikings, seuls la vache et le taureau pouvaient être appelés animaux de ferme. Chèvres et moutons erraient librement toute l’année et l’on ne mettait les cochons à l’abris que dans les régions les plus froides de Scandinavie. On trouvait également des canards, des oies, des poules, des chiens et des chats.

Les fermiers vikings cultivaient les mêmes types de grain qu’aujourd’hui. Le met fondamental resta fort longtemps le gruau (grautr) qui formait l’essentiel des repas de la vie courante. Cette bouillie de pois et de haricots était souvent assortie d’oignons, d’ail, de poireau et de diverses algues séchées.

Les graines étaient moulues à la main et la pâte à levain ne levait pas: le pain (farine, lait, eau et sel) était donc cuit comme une galette sur une plaque de fer ou une dalle de pierre. Ce pain survit aujourd’hui sous les espèces du knäckebröd suédois et du flatbrød norvégien (littéralement “pain plat). On faisait aussi des pains d’orge, de seigle, voire de pois. Une miche découverte en Suède contenait même de l’écorce de pin, peut-être à cause d’une disette.

Poteries norvégiennes de l’Âge du Fer, Spangereid (Norvège).

© Kulturhistorisk museum, Universitetet i Oslo / Ellen C. Holte

Luxueux gobelets en verre gravés (Larvik, Norvège). Âge du Fer.

© Kulturhistorisk museum, Universitetet i Oslo / Eirik Irgens Johnsen

Statuette représentant le dieu Freyr.

Frère jumeau de Freya, déesse de la fécondité. Il était l’un des principaux dieux. Lié à la fécondité, Freyr contrôlait aussi  la paix, la pluie et le soleil, d’où son titre de Skirr signifiant “brillant”. De manière significative, son épouse a pour nom Gerda, un dérivé de “champ”.

Photo : © Christer Åhlin/The Museum of National Antiquities

Le petit déjeuner et le dîner, dagverd et nattverd, constituaient les principaux repas de la journée. Le dagverd se prenait en général vers 9 heures, après les premiers travaux de la journée et le nattverd, vers 16 ou 17 heures, une fois les dernières besognes achevées.

Les eaux de la Baltique, de la mer du Nord et de l’Arctique sont généreuses. La mer fournit aux populations des ressources variées, en toutes saisons. Les poissons (morue, hareng, maquereau, colin, flétan) sont abondants. Les coquillages sont un complément apprécié et les algues et goémons sont utilisés pour l’habitat. On utilise également les os et fanons des baleines pour sculpter des petits outils et objets d’ornements.

La chasse au gibier

Le grain de la ferme et l’oignon sauvage

Les fruits de la mer

Le repas

De petits animaux

Dans son introduction à La cuisine des Vikings, Tom Bloch-Nakkerud indique que le poids d’abattage du cochon se situait vers 30-40 kg. De nos jours ils ne sont abattus que lorsqu’ils atteignent le double. 
Un agneau fournissait 5 kg de viande, contre 15 à 20 kg aujourd’hui.

De petits animaux


Dans son introduction à La cuisine des Vikings, Tom Bloch-Nakkerud indique que le poids d’abattage du cochon se situait vers 30-40 kg. De nos jours ils ne sont abattus que lorsqu’ils atteignent le double.

Un agneau fournissait 5 kg de viande, contre 15 à 20 kg aujourd’hui.

Portail de l’église de Hylestad (Norvège)

Sigurd rôtit le coeur du dragon. Regin, frère du dragon Fafnir et père adoptif de Sigurd, est accroupi à proximité, armé d’une épée. On voit Sigurd tester la cuisson de la viande avec son pouce et comprendre, grâce aux oiseaux à ses côtés, que Regin veut l’assassiner pour s’emparer du trésor gardé par le dragon.

La chasse

Pour la chasse, les vikings s’armaient de lances, d’arcs et de flèches.
Ils creusaient parfois un trou recouvert de branchages où les élans et les rennes venaient s’enfoncer.

La chasse


Pour la chasse, les vikings s’armaient de lances, d’arcs et de flèches.

Ils creusaient parfois un trou recouvert de branchages où les élans et les rennes venaient s’enfoncer.

Plus la fermentation était longue, plus le degré d’alcool était élevé et plus les vikings prenaient plaisir à boire leur gammelt øl (ou bière âgée).

Le commerce croissant avec l’Europe a permis l’arrivée du vin du Rhin et de la Moselle, mais il est longtemps resté réservé à la famille royale et aux chefs.


L’hydromel, très consommé par les vikings, est un mélange fermenté d’eau et de miel. Son vieillissement peut durer plusieurs mois.

Et plutôt que de rappeler la formule aujourd’hui apposée sur toutes les bouteilles d’alcool, admettons, avec Odin, que :



Pour les fils de l’homme

la bière est moins bonne

qu’ils le prétendent;

car plus on boit,

moins on est maître

de son propre esprit !

                                                           Hávamál (Les Dits d’Odin)

Le nectar des dieux

Les vikings n’utilisaient ni assiettes ni fourchettes. En revanche, chacun avait son propre couteau à gaine et des cuillères en bois et en os. Le gruau et les soupes pouvaient être consommés soit directement dans une grande marmite, soit servis dans des tasses en bois.

La stéatite est une pierre relativement tendre que l’on peut tailler au couteau. Elle constitue donc une matière première idéale pour la fabrication des casseroles. Le terme scandinave pour la pierre est grjot, la première forme du terme moderne gryte, ou casserole, et grøt, le gruau que l’on y fait cuire (le mot “gruau” est de la même origine et vient du norrois “grautr”). En Norvège, la stéatite était beaucoup plus utilisée que la terre cuite. Elle était même exportée. La terre cuite était cependant plus répandue que la stéatite dans le sud du pays.

À la table des vikings

Les boissons les plus courantes étaient l’eau, le lait et le jus tiré des baies et des plantes: boisson aux canneberges, aux pommes, au sureau. La bière était brassée à partir de grain, de malt et de houblon. Elle était servie à l’occasion des repas et appelée munngodt.

Le plus courant des ingrédients frais poussant à l’état sauvage en Scandinavie est l’oignon sauvage. Appelé kajplök dans le Gotland, cet oignon a un goût proche de celui du poireau et assaisonne parfaitement les soupes et les salades auxquelles il apporte une touche fraîche et relevée. Cet oignon se coupait en rondelles. Le kajplök se distingue du ramslök, autre oignon sauvage dont les feuilles comestibles pouvaient êtres finement hachées.

Pour les fruits, on mangeait des baies de toutes sortes, des pommes, des prunes, des fraises ainsi que des noix et des noisettes (rares en Norvège et en Islande).

Les racines constituaient un accompagnement parfait pour tous les types de viande. Le rutabaga était considéré comme un aliment si important qu’un certain nombre de lois agraires de l’époque imposaient aux fermiers de consacrer certaines de leurs parcelles de terrain à sa culture.

Détail de la Tapisserie de Bayeux (XIe siècle).

Deux cuisiniers normands mettent un chaudron à chauffer sur le feu. Un troisième homme retire avec une fourchette à deux dents de gros morceaux de viande d’une poêle posée sur une plaque. À droite, entouré de ses barons et de son demi-frère Odon, Guillaume le Bâtard profite des nombreux plats proposés.

Photo : © Tapisserie de Bayeux

L’hiver, la viande la plus souvent servie était du porc bouilli. Les vikings consommaient du mouton et du boeuf toute l’année alors que le veau entier rôti était réservé aux grandes occasions. Après avoir tué le mouton, les Vikings avaient pour habitude d’en grignoter d’abord la tête cuite au charbon de bois.

La viande d’ours était incontestablement la plus appréciée des viandes de gibier, devant le lièvre et les oiseaux des bois.

ACCUEILEncyclopedie_Culture_Viking.html

Bibliographie


  1. -Les Vikings : Histoire et civilisation, Régis Boyer, Librairie Académique Perrin, 2004. > Disponible dans notre librairie

Sur le net


  1. -Les différents repas de la journée (en anglais):

BBC - History - Viking Food

Pots découverts à York (R.U.)

© Jorvik Viking Centre

En fonction de la saison, les vikings pêchent le long de la côte, dans les rivières ou les lacs de montagne. En hiver il est courant de pêcher en brisant la glace.

La mi-septembre (le haustmanuthr, ou mois d’automne) est le moment où la pêche bat son plein puisqu’il s’agit surtout de préparer, sur le plan vivrier, les longs mois d’hiver à venir.

Le hareng fait partie de l’alimentation de base des villages côtiers. Au nord de Kalmarsund (Suède), le hareng de la Baltique est appelé strömming. Il est un peu plus petit que son cousin de la mer du Nord, le still mais se prépare de la même façon. Le brochet et la perche sont les poissons d’eau douce les plus pêchés.

Pour la pêche, le matériel du viking différait peu de celui connu ailleurs à la même époque. Les poissons sont pris au harpon, à la ligne ou au filet. Ils sont ensuite séchés sur des claies de bois appelées skreith avant d’être fumés (pour une meilleure conservation) et salés.

Bols et coupes (York, R.U.)

© Jorvik Viking Centre